Qui dit 21 juin, dit été, mais aussi Fête de la Musique ! Plutôt que de vous en retracer l’histoire (un peu trop dense pour un blogpost), nous avons choisi, comme nous l’avons déjà fait auparavant pour d’autres secteurs, de vous faire une sélection des startups de la MusicTech les plus innovantes, originales ou performantes du domaine. Vous allez LA-DO-RÉ !

1. Éducation et création : pour devenir un musicien hors-pair

Apprendre la musique autrement

La base de la MusicTech, c’est tout de même la musique. Et il faut bien que des gens apprennent la musique : malheureusement, entre le financement et les disponibilités, les cours de solfège et de musique ne sont pas forcément accessibles à tous. Certaines startups ont décidé de créer des concepts permettant à chacun d’apprendre à jouer de la musique autrement.

C’est par exemple le cas de la française Carpe Diese ou de l’allemande Skoove : la 1re propose de choisir en ligne un professeur qui vous donnera une leçon par webcams interposées, la 2nde est une sorte de MOOC du piano. Spécialisées ou non, ces plateformes permettent à qui veut d’apprendre à son rythme, selon ses envies et ses disponibilités.

Un autre enjeu de la MusicTech est aussi de sortir des sentiers “classiques” d’apprentissage de la musique : solfège, notes, gammes, partitions… la grosse quantité de théorie que représente une leçon de musique peut en décourager certains. On peut donc choisir, comme Dualo, d’inventer un nouvel instrument, avec une nouvelle disposition des notes, pour faciliter la compréhension et la pratique. Autre solution : passer à un chemin de pensée complètement différent, avec un apprentissage basé sur les émotions personnelles, comme avec Meludia.

Intelligence (musicale) artificielle

Si vous pensiez que l’Intelligence Artificielle ne pouvait pas s’appliquer au domaine musical, vous vous tromper. Et plusieurs startups de la MusicTech le prouvent.

D’abord, Amper, qui est à la fois compositrice, productrice, et interprète. Cette IA, à partir du choix d’une ambiance, d’un style et d’une durée, crée tout bonnement et simplement une musique que vous pourrez facilement éditer grâce à quelques fonctionnalités basiques, sans avoir besoin d’aucune connaissance en musique. Encore en version BETA, Amper est en tout cas à suivre de près, notamment pour tous ceux qui (comme nous) peinent à trouver des musiques libres de droit efficaces pour leurs vidéos corporate, démos produits ou autres.

Dans le même genre, la française AIVA n’est pas en reste : cette IA, qui compose également de la musique (“symphonique et émotionnelle”, dixit ses cofondateurs), se base sur le machine learning et des oeuvres majeures (de Mozart, Bach ou Beethoven pour ne citer qu’eux) “afin d’élaborer son modèle à la fois mathématique et intuitif de la musique”. Un modèle qui a fait ses preuves puisqu’Aiva a récemment vu ses créations enregistrées à la SACEM Luxembourg, à côté d’autres compositeurs… humains.

L’australienne PopGun, quant à elle, se situe dans un registre pop. Son IA Alice, d’abord conçue avec l’idée (un peu délirante) de créer de toutes pièces les titres d’un nouveau top 50, se voit désormais plutôt comme un partenaire de jeu pour les humains. Le deep learning lui permet d’apprendre des partitions de piano à la pelle, et d’apprendre à jouer et à accompagner les humains par la suite. Pratique pour ceux qui n’ont jamais d’ami musicien disponible !

2. Financement musical : pour soutenir les – peut-être – grands artistes de demain

En France, une entreprise a beaucoup fait parler d’elle dans le domaine du crowdfunding musical : MyMajorCompany. Bien évidemment, tous les projets n’aboutissent pas, mais à la fin des années 2000, quelques carrières sont lancées grâce à la plateforme (Grégoire, Joyce Jonathan, Irma…). 

Tradiio est une startup de la MusicTech née entre Lisbonne et Los Angeles. Elle permet à tout un chacun de découvrir et de soutenir de nouveaux artistes grâce à un abonnement mensuel du montant de son choix. Pour 1€ par mois, obtenez des photos backstage ou une sonnerie de téléphone ; pour 2€, une vidéo personnalisée et une chanson exclusive… et ainsi de suite. Si vous découvrez une perle (ou plusieurs), vous pouvez également prétendre à des récompenses supplémentaires : tickets de festivals, accès backstage au concert… Un bon moyen d’engager les fans et de les rapprocher des artistes.

Sur un modèle encore plus complet, l’entreprise américaine Nimbit propose divers services pour assurer une relation directe entre artistes et fans. Parmi ces services, un profil public (pour poster des nouvelles, des contenus, des événements) et une boutique en ligne (pouvant être intégrée sur des sites externes) sur laquelle l’artiste peut vendre des billets et autres produits. Les artistes peuvent également lancer via Nimbit des campagnes de financement, gérer la promotion de leurs événements ou encore analyser la data de leur base de fans. De nombreux outils très utiles pour des artistes débutants cherchant avant tout la proximité avec leurs fans et un moyen simple de promouvoir leurs oeuvres !

3. Promotion & diffusion : pour partager et faire passer le mot

La jungle des plateformes de streaming

De la même manière que les plateformes de commande et livraison de repas sont “la base” de la FoodTech, les plateformes de streaming musical sont “la base” de la MusicTech.

Les français Deezer et Qobuz, l’allemand Soundcloud, les américains Apple Music ou Tidal, ou encore le leader du marché, le suédois Spotify… Entre divers abonnements mensuels, applications mobiles, qualité sonore et larges catalogues musicaux, les plateformes se succèdent… et se ressemblent (malgré quelques différences notoires).

Le plus intéressant avec ces plateformes de streaming, en dehors des catalogues disponibles sur chacune d’entre elles ou des exclusivités de certains artistes (Jay-Z et Beyonce viennent par exemple de sortir un nouvel album commun surprise sur Tidal… avant de le diffuser finalement sur toutes les plateformes), c’est également la manière dont elles permettent aux auditeurs de découvrir de nouveaux artistes grâce à la personnalisation et aux algorithmes.

À travers des playlists, radios ou autres (selon les terminologies de chaque plateforme) construites en fonction de vos écoutes (et donc logiquement de vos goûts), vous pourrez découvrir des artistes similaires, des chansons qui devraient vous plaire, et ainsi enrichir vos connaissances musicales.

Plus qu’une plateforme de streaming, vous pouvez aussi opter pour Prizm : la startup française a créé un appareil permettant de streamer des webradios du monde entier dans tous les genres musicaux, en fonction de vos choix et de vos goûts. L’algorithme de Prizm privilégie par ailleurs les webradios sans publicité, un plus notable. Pilotable avec votre smartphone, Prizm vous reconnaît et apprend continuellement de vos goûts et vous propose les webradios les plus enclines à vous plaire en fonction du moment de la journée, de l’atmosphère etc.

À suivre de près : YouTube vient de se lancer dans le streaming musical avec YouTube Music. Le géant Google entre lui aussi dans la course !

Le Booking musical : “réservez” un artiste aussi facilement qu’une chambre d’hôtel

Vous organisez un événement pour votre entreprise, un anniversaire, une soirée particulière et souhaitez pimenter le tout avec un live musical ? Réjouissez-vous, de très nombreuses plateformes existent dans les grandes villes pour trouver l’artiste ou le groupe qui va correspondre à votre ambiance.

Parmi elles, les startups françaises Live Tonight ou Musilink pour un concert live dans votre genre musical de prédilection, ou encore oneclickdj ou Soondy pour trouver le DJ idéal. Encore (au Royaume-Uni) ou Gigmasters (aux États-Unis) vous permettront également de trouver votre bonheur. Linkaband permet également, côté musiciens, de répondre à des offres de concert disponibles. Aux Pays-Bas, c’est Plugify qui tire son épingle du jeu dans le domaine.

4. Data Science musicale : pour les artistes qui veulent en savoir plus sur leurs fans

“Data” : voilà sans conteste le mot qui règne sur l’économie numérique depuis plusieurs années déjà. Pas de raison, donc, que le secteur de la MusicTech soit épargné : les données sont tout aussi importantes (si ce n’est plus ?) pour un artiste que pour une entreprise. Et de nombreuses startups de la MusicTech à travers le monde l’ont bien compris !

Tracker les diffusions : le gros challenge des artistes

En dehors des ventes d’albums et des écoutes sur les plateformes de streaming, il est difficile pour les artistes (et notamment les artistes moins connus) de tracker leur popularité. WARM, l’acronyme de The World Airplay Radio Monitor, offre à ces artistes indépendants, auteurs, producteurs ou managers de tracker les diffusions sur les radios du monde entier. Avec plus de 21000 radios enregistrées dans plus de 100 pays, les données récoltées peuvent permettre un bien meilleur aiguillage en matière de promotion et de marketing.

Analyser les communautés de fans pour mieux les engager

Pas facile pour un artiste ou son label d’obtenir une “cartographie” précise des types de fans. Imaginez une intelligence artificielle capable d’analyser des millions de profils de fans sur Instagram et leurs photos, d’en extraire des intérêts, des hobbies, des informations démographiques ou encore des affinités avec certaines marques… C’est ce que propose Edison.ai, création d’une startup japonaise spécialisée dans le data mining.

Si vous cherchez le dashboard le plus complet pour analyser la “valeur” d’un artiste, c’est sans doute le français Soundcharts qui remporte la mise : classement des ventes, diffusions en radio, sélection dans des playlists sur de nombreuses plateformes de streaming, présence sur les réseaux sociaux… La startup revendique déjà plusieurs centaines de clients dont plusieurs labels (majors et indépendants) partout dans le monde.

Un coup de pouce pour dessiner la tournée idéale

Stagelink est une startup fondée à Berlin, et c’est l’un des outils marketing les plus utiles pour les artistes et labels en recherche d’information pour construire un parcours de tournée idéal. Ville, salle, et même prix des tickets : les fans donnent leur avis, et grâce à un tableau de bord, les artistes et leurs managers peuvent jauger de la rentabilité potentielle d’un événement.

Aujourd’hui élargie à tous types de personne ou entreprise disposant d’une communauté de fans sur les réseaux sociaux, la française Bandsquare s’inscrivait à l’origine dans la même lignée que Stagelink. Le principe : les artistes peuvent proposer des sondages à leurs communautés en ligne. La plateforme analyse ensuite toutes les données récoltées via le sondage, et permet par exemple, dans le cas d’un artiste, de déterminer dans quelle ville se produire en spectacle.

 

Du financement au marketing et à l’analyse des communautés de fans, en passant par l’apprentissage et la création, les domaines de la MusicTech sont variés et de nombreux amateurs de musique (auditeurs ou musiciens eux-mêmes !) choisissent de se lancer pour allier passion et vie professionnelle. Dans un secteur musical où les artistes doivent souvent batailler pour se faire leur place et rester au sommet, c’est la même chose pour les startups : beaucoup se lancent, mais peu parviennent à atteindre les tops des classements et à pérenniser leur carrière.

 

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