De la FinTech à l’InsurTech en passant par l’e-commerce, la barre des 2 milliards de dollars est franchie : en effet, ce sont 2,02 milliards de dollars en equity levés par les startups africaines en 2019, d’après le nouveau rapport du fonds de capital-risque Partech Africa. Ne soyez pas surpris, les écosystèmes entrepreneuriaux du continent africains émergent de plus en plus autour de startups qui œuvrent pour un monde meilleur.

Le nombre de startups ayant déjà levé des fonds explose, passant d’environ 150 à 234 de 2018 à 2019.
Aujourd’hui, 85% des fonds sont concentrés sur 4 pays : le Kenya, l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Nigéria, pays qui détient à lui seul 37 % des montants investis.

Cependant, cela n’empêche pas les autres pays du continent de faire parler d’eux !

Découvrez dans cet article une sélection des startups africaines les plus prometteuses à suivre dès maintenant.


Direction l’international : 52 concepts à maîtriser pour réussir


Paga, pour des paiements en toute simplicité

Fondée en 2009 par Tayo Oviosu et Jay Alabraba, Paga est une startup nigériane qui a développé une application de paiement mobile permettant d’effectuer des transferts d’argent, de payer ses factures ou bien de régler ses achats dans les commerces physiques. À ce jour, la startup compte plus de 14 millions d’utilisateurs au Nigéria.

Le point fort de cette application est qu’elle n’est pas limitée au marché Nigérian. La société cherche à s’exporter au-delà de ses frontières est a, par ailleurs, fait l’acquisition de la société éthiopienne, Apposit. Cet achat est un plus pour la startup car l’Éthiopie est actuellement le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique avec 109,2 millions d’habitants. Pour continuer sur sa lancée, Paga a, de plus, ouvert un bureau au Mexique dans le but de déployer son service. Son objectif aujourd’hui : devenir une référence dans les plateformes FinTech pour les pays émergents tout en sachant que c’est LE secteur le mieux financé de la Tech africaine (41,3 % des investissements du continent en 2019 selon Partech Africa).

Grâce à ce développement, Paga a réussi à attirer la société Visa, intéressée par le fait de gagner du terrain en Afrique et de se rapprocher des startups à fort potentiel sur le continent. Il en était de même lorsque son concurrent, Mastercard, avait investi 50 millions de dollars dans Jumia (leader de la vente en ligne en Afrique) dans le but de développer des services financiers.

Brimore, en route pour les pyramides de Gizeh

Brimore est une startup égyptienne créée en 2017 par Mohamed Abdulaziz et Ahmed Sheikha. Son but ? Faire le lien entre des distributeurs individuels et des TPE/PME cherchant à acheminer plus simplement leurs produits.

Si vous êtes fabricant : vous pourrez vendre vos produits sur des canaux multiples, efficaces et performants grâce aux distributeurs indépendants.

Si vous êtes client : vous trouverez une vaste gamme de produits exclusifs de haute qualité à un prix abordable et sans frais supplémentaires.

Si vous êtes partenaire : vous aurez l’opportunité de créer votre propre entreprise et d’utiliser votre réseau afin de vendre les produits des fabricants.

Dans un pays où la dévaluation de la monnaie a entraîné de nombreuses inflations en 2016, la logistique est vraiment devenu un réel enjeu de développement surtout en ce qui concerne les services aux entreprises.

L’objectif de Brimore est de devenir l’intermédiaire référent entre les fabricants et les consommateurs. Et cela semble bien parti car la plateforme commerce social a levé 3,5 millions de dollars au cours de l’année 2020, pour soutenir sa croissance et renforcer ses infrastructures. Brimore développe une technologie de classe mondiale pour son marché local.

Jumo, la FinTech qui facilite l’octroi de prêts

Startup sud-africaine fondée en 2015 par l’entrepreneur Andrew Watkins-Ball, Jumo fait partie de celles qui ont surfé sur le boom de la téléphonie mobile. Avant toute chose, il est important de savoir que 80 % des africains n’ont pas de comptes bancaires. Cependant, 80 % d’entre eux possèdent un téléphone portable. Jumo a donc profité de ce phénomène pour proposer différents services tels que des prêts, des assurances et autres produits financiers à toutes personnes exclues du système bancaire traditionnel.

Cette startup permet également aux jeunes pousses n’ayant pas forcément droit à des financements bancaires d’obtenir un accompagnement dans leur développement. Il est en effet difficile, voire quasiment impossible pour un jeune entrepreneur d’obtenir des financements sans avoir de garanties. C’est dans ces moments que Jumo intervient !

Jumo a obtenu en 2020 un financement de 55 millions de dollars sous forme d’investissement en fonds propres. Grâce à cette levée de fonds, la startup aura la possibilité de financer son expansion et lancer de nouveaux produits financiers en Afrique, notamment au Nigéria et en Côte d’Ivoire mais également en Asie, plus précisément en Inde. Elle avait déjà obtenu un financement de 3 millions de dollars en 2018 de Proparco, Agence Française de Développement. C’était d’ailleurs le premier investissement direct de la filiale dans une Fintech.

Cette startup sud-africaine se positionne, au même titre que plusieurs autres FinTech, comme une alternative aux nombreux acteurs financiers déjà existants. Elle peut être reconnaissante d’avoir à ses côtés des partenaires financiers de qualité, parmi lesquels Mastercard, Proparco ou encore Google. La suite risque d’être très prometteuse !

Zafree Papers, direction l’Éthiopie

Parlons d’abord étymologie : « Zaf » signifie « arbre » en éthiopien et « free » signifie « libre » en anglais. D’où le nom de Zafree, une startup fondée en 2017 par Bethelhem Dejene et Fikre Dejene. Son produit ? Un papier 100 % sans arbre, fabriqué à partir de déchets agricoles. En effet, au lieu d’utiliser du bois, Zafree se sert de blé et d’orge, ce qui empêche la combustion de ces matériaux qui peuvent provoquer une pollution de l’air.

Le projet Zafree a pu voir le jour grâce à un fabricant de machines ainsi qu’à une banque locale, qui ont déclaré avoir assez de garanties en termes de faisabilité technique et économique pour établir des partenariats et faire naître le concept de la startup.

La génèse de Zafree est une démarche environnementale : la lutte contre la déforestation. La campagne de commercialisation devrait débuter à partir de 2021. Affaire à suivre…

Baobab Circle, une meilleure gestion des maladies chroniques

Fondée en Janvier 2016 au Kenya par George Franklin et Precious Lunga, Baobab Circle a créé un chatbot, Afya Pap. Alors que l’accès aux soins est assez limité en Afrique, plus particulièrement pour les personnes défavorisées, la startup se proclame « coach de santé » pour les personnes atteintes de maladies chroniques comme l’hypertension ou encore le diabète.

Le but premier est de soulager et changer les habitudes quotidiennes des patients. Grâce à l’intelligence artificielle et la téléphonie mobile, la startup propose des équipements personnalisés pour gérer l’hypertension et le diabète afin d’éviter les complications liées à ces pathologies.

Actuellement, Baobab Circle compte 50 000 utilisateurs. Elle a également remporté, en 2019, le challenge de Sanofi sur le diabète durant l’AfricArena. Cette victoire permettra à la startup de développer un concept avec le groupe pharmaceutique. Aujourd’hui Baobab Circle se développe grâce aux partenariats avec 6 organismes d’assurance-santé.

Yobante Express, vers une formalisation des activités de transport

Créée en 2018 par Oumar Basse, Yobante Express est une marketplace d’e-commerce d’origine sénégalaise mettant en relation un large réseau de transporteurs ou points relais et des commerces locaux. Elle se spécialise plus particulièrement dans la livraison de colis de petite taille dont le poids est inférieur à 25 kilos. Le service est disponible via une application et couvre plusieurs zones notamment le Sénégal, le Ghana, l’Afrique du Sud, le Botswana le Niger ou encore le Nigéria.

Le plus de la startup ? Un service de livraison économique et rapide. Possédant un circuit déjà fonctionnel pour les colis, l’expéditeur se verra payer un tarif moindre par rapport à un envoi classique (40% moins cher).

Yobante Express c’est déjà 611 points relais, 300 transporteurs, 8 000 livraisons et 50 000 dollars environ générés par mois depuis son lancement. Et ce n’est que le début du voyage…

Keitas Systems, l’aéronautique au féminin

Bien que cette startup ait été fondée en France (à Nantes plus précisément) et opère principalement en Europe, Keitas Systems a été créée en 2011 par Lahou Keita, une figure de l’entrepreneuriat féminin en Afrique originaire de Guinée. Elle est la première femme noire au monde à être entrée chez Dassault et à avoir créé une société de maintenance aéronautique.

Secondée par sa sœur Fatou Keita, docteure en médecine et maintenant co-fondatrice, Lahou Keita a réussi à fonder un hub aéronautique luttant contre la pénurie de main-d’œuvre des personnels techniques. Elle est l’inventrice du tempeus, un outil qui facilite le suivi de maintenance lorsqu’un avion est en travaux.

Keitas Systems déploie aujourd’hui de nombreux projets aéronautiques d’envergure internationale. La startup a notamment eu la chance d’être choisie par le gouvernement québécois pour mettre en place un hub aéronautique à l’échelle du Québec et à l’échelle de tout le pays.

 

Comme vous avez pu le voir, l’African Tech se porte bien et le secteur du numérique est florissant de nombreuses opportunités et regorge de startups à forte valeur ajoutée technologique. Restez branchés, ce n’est que le début d’un long parcours pour ces jeunes pousses africaines !

L'internationalisation de A à Z : définitions, chiffres clés, retours d'expérience...

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